Paroisse de Marchienne-au-Pont - Culte tous les dimanches à 10.00

206, route de Beaumont - Marchienne

Pasteur Jean-Paul Lecomte - 0472/533 221

Patrimoine

Visite du temple protestant de Marchienne-au-Pont

L'EPUB est héritière de la reconnaissance de son Synode par l'État belge en 1839 et est le fruit de l'union en 1978 des principales familles spirituelles protestantes présentes en Belgique.

 

Les toutes premières assemblées protestantes ayant été clandestines et n’ayant rassemblé que peu de monde, elles se sont généralement déroulées chez des particuliers. Mais très vite la nécessité de locaux particuliers, un peu plus vastes, s’est posée.

 

Les réformés vont construire des édifices neufs financés par des communautés . Ils leur donneront le nom de temples par référence aux temples de Jérusalem et de Salomon.

Les temples protestants se démarquent des églises catholiques et se caractérisent généralement par un plan centré. Les premières constructions furent souvent octogonales ou en demi-cercle pour que chacun se sente concerné et entoure la parole. Dans les temples protestants, les réformés ont supprimé le culte des images, les statues de saints et de saintes et les images pieuses.

la réorganisation de l'espace intérieur : disparition des autels et réaménagement de l'édifice autour de la chaire et de la table de communion.

Cette construction est inspirée par un principe fondamental : c’est autour de la Bible, lue et commentée que se réunit la communauté, dans un espace fonctionnel, un nouvel espace architectural unifié dont la dynamique propre tient à l'articulation entre le rassemblement des fidèles  d'une part et  la référence à la Parole qui le convoque, d'autre part.

 

Notre temple  a  été construit en 1896, il a une  forme rectangulaire simple .

Le rôle fondamental de la prédication est rappelé par la disparition des éléments classiques des églises catholiques  qui  n’ont plus de sens ou, pire, sont marques d’idolâtrie pour le protestantisme réformé.

Le chœur, en tant que partie réservée aux clercs n’a, plus de raison d’être. Par conséquent le jubé, qui le sépare de la nef, devient inutile. Quand on réutilise des églises, le jubé est souvent détruit  ou fermé par des pierres, ce qui transforme le chœur en une salle éventuellement disponible pour des activités profanes.

 

Le temple est un lieu de culte au moment où le culte y est célébré, ce n'est pas un espace sacré

Les Réformateurs ont prêté grande attention aux lieux de culte. Pour eux, "le Très Haut n'habite pas des demeures construites par la main des hommes", comme le disait l'apôtre Paul à propos des temples de l'Athènes païenne. Ils ont ainsi refusé qu'on considère les lieux de culte comme "des habitacles particuliers où notre seigneur nous prête l'oreille de plus près" (Calvin, IRC, III, xx, 30) ou que la célébration du culte soit liée à un endroit spécifique.

Le culte ayant toutefois un caractère communautaire et public, ils tenaient pour "requis que pour ce faire il y ait des temples assignés", sauf bien sûr en cas de persécution. Dans la perspective luthérienne, le culte est par excellence le moment où la communauté chrétienne se manifeste comme Église de Dieu, vivant de sa Parole. L'édifice où il a lieu conserve donc une signification spécifique. Mais, il n'est "église" qu'au moment où la communauté y est rassemblée pour le culte, il ne constitue pas par lui-même un espace sacré.

 

Un cadre sobre pour un culte autour de la Parole

Le temple protestant peut étonner par sa modestie, sa nudité. La raison profonde de cette sobriété tient dans la volonté de ne pas confondre émotion religieuse et émotion artistique et de ne pas laisser celle-ci usurper la première place dans le culte. Le protestantisme, fidèle à sa préoccupation constante de la pureté du sentiment chrétien, redoute en effet les confusions qui pourraient amener à substituer des impressions artistiques à l'impression authentiquement religieuse. Il se refuse ainsi à enrichir ses cultes d'éléments étrangers à son inspiration profonde et qui sont souvent contraires aux principes de la Réforme et de l'Évangile.

 

De ce fait, les images sont absentes des temples pour des raisons théologiques. La Réforme n'a rien contre l'art en soi. Mais les protestants considèrent qu'il faut recevoir le deuxième commandement et estiment que l'image ne peut faire partie du mobilier ecclésiastique. Aussi écartent-ils toute image concernant Dieu, Jésus-Christ, et surtout la vierge et les saints, dont rien dans la tradition biblique ne permet d'établir le culte qui leur est adressé.

Il en est de même pour les sacramentaux, eau bénite, scapulaire, cierges, cloches, et toutes les significations qui leur sont attachées, sont absents du temple réformé. Ils n'ont en effet aucune valeur salutaire, seules la grâce et la foi étant opérantes en ce domaine.

 

La chaire

Le centre du culte est la Parole. Non pas l'effort du prédicateur pour faire écouter sa parole, mais l'effort pour trouver dans la Bible une parole de Dieu qui, expliquée, commentée, permette à chacun d'entendre à son tour retentir dans son cœur cette Parole venue de Dieu, sans laquelle il n'y a pas, pour les protestants, de prière allant jusqu'à Dieu.

 Le temple s'organise donc autour de la chaire,  surélevée et le plus souvent placée au centre ou dans un endroit bien visible quelle que soit la place où l'on se trouve. La place la plus importante est ainsi donnée à la Parole, entendue, écoutée, proclamée, prêchée. La prédication est en effet un enseignement qui vise à connaître l'Écriture. Elle est aussi la proclamation d'un message qui vise à convaincre, persuader, enthousiasmer. Elle est par ailleurs une actualisation de la Parole de Dieu. Elle fait enfin parvenir au protestant le témoignage de la Parole : la révélation que Dieu donne de lui-même en Jésus-Christ.

La Bible est donc l'outil de base et le fondement de la vie de tout protestant. La lecture de cette Bible se fait, non pas "au pied de la lettre", mais avec un certain sens critique, en cherchant à replacer tout passage dans son contexte pour en trouver une signification actuelle. La Bible n'est pas considérée comme une somme dogmatique ni comme un code moral, mais comme la nourriture privilégiée de la réflexion et de la vie spirituelle. Dans le protestantisme, il n'y a pas d'autorité dogmatique, ni d'excommunication, ni de commandement d'ordre éthique. Ce n'est pas l'Église qui détermine ce qu'il faut croire ou faire. La liberté individuelle est une valeur fondamentale. Chacun est responsable de sa foi et de son comportement et est appelé à réfléchir par lui-même pour construire ses propres convictions à partir de la Bible.

 

Le culte du dimanche

Est un moment privilégié de formation et de rassemblement pour la communauté. Il est public. Tous ceux qui cherchent, d'où qu'ils viennent peuvent y assister. Le prédicateur est avant tout un homme qui a de solides connaissances bibliques et théologiques. C'est le plus souvent le pasteur, théologien et spécialiste de la Bible, qui aide et stimule la recherche de chaque protestant. Il est l'animateur de la communauté. Il ne possède aucun pouvoir particulier ni pour accorder le pardon (chacun est responsable devant Dieu et Dieu seul) ni pour célébrer les sacrements. Il peut se marier. Tout ce qu'un pasteur fait, un laïc peut le faire s'il en est chargé par la communauté : culte, bénédiction de mariage, obsèques... Le sacerdoce universel, principe moteur de la Réforme, instaure une place identique au sein de l'Église à chaque baptisé, pasteur ou laïc.

 

Ainsi l'Église est considérée comme une organisation humaine de chrétiens qui se réunissent pour vivre ensemble leur foi et pour se donner les moyens d'avoir une aide dans leur propre recherche. Elle n'est pas une institution divine. En désacralisant l'Église, la Réforme rappelle en même temps la nécessité pour le chrétien du témoignage et de l'engagement dans le monde. Le sacerdoce universel, en supprimant les frontières dans l'Église, appelle à leur suppression dans le monde. Pour le protestant, c'est dans la cité et ses réalités sociales et humaines que doit se vivre l'Évangile.

Les protestants sont par ailleurs très attachés à l'organisation démocratique des Églises. Chaque Église locale est dirigée par un consistoire  élu pour quatre ans par l'assemblée des membres de l'Église. Chaque consistoire  délègue un ou plusieurs  de ses membres, en plus du pasteur, au synode régional qui lui-même choisit ses délégués au synode national qui procède à l'élection d'un président

 

La Table de la communion

En organisant son culte autour de la Parole, le protestantisme utilise un minimum de moyens extérieurs. Dans tous les temples se dresse la Table de la communion dans les Églises de tradition réformée,   La plupart du temps, elle porte une bible ouverte. La sainte Cène, comprise de manière purement symbolique, y est célébrée. Le pain reste du pain, le vin reste du vin, mais ils représentent, pour celui qui le veut en les recevant, la personne et l'œuvre du Christ.

 

La croix

Le plus souvent sur le mur du fond se trouve une croix, symbole de l'œuvre de la mort et de la résurrection du Christ. Dans les Églises luthériennes, il n'est pas rare de trouver un Christ sur la croix, (crucifix) que les Églises réformées ne conçoivent pas puisque la victoire de Pâques ne réside pas dans la mort mais dans la Résurrection, espérance des croyants. Pour eux, le Christ est au ciel et sa souffrance a eu lieu une fois pour toutes. La croix n'est apparue dans les temples qu'au milieu du XIXè siècle, à la suite du mouvement de réveil des Églises protestantes venant d'Angleterre.

 

La croix huguenote

Elle est depuis le XVIIè siècle l'insigne des protestants. Son origine demeure mystérieuse. Certains attribuent son invention à un orfèvre nîmois qui se serait inspiré de la croix du Languedoc. D'autres estiment qu'elle serait issue de la croix de l'ordre du Saint Esprit qui lui est semblable, la colombe n'étant cependant plus inscrite dans la croix mais pendante au-dessous. Par l'adoption de cette croix, les protestants se démarquent de la croix latine, pour eux de sinistre mémoire du fait des persécutions catholiques. La croix huguenote rappelle les béatitudes par ses huit pointes, munies de boutons par allusion à ce que l'on place sur l'extrémité d'un fleuret d'escrime pour le rendre inoffensif. Les branches de la croix sont retenues par un motif ciselé circulaire,(au départ quatre lys qui voulaient montrer la fidélité au roi) et qui stylisés rappellent la couronne d'épines du Christ, et forment entre les branches un cœur évoquant l'amour du Christ pour l'homme. La colombe qui pend représente le Saint-Esprit. Certaines croix anciennes montrent une goutte à la place de cette colombe. Cette goutte a été interprétée comme une larme ou une goutte de sang rappelant les persécutions, mais il est plus probable qu'il s'agisse d'une langue, comme les langues de feu que reçurent les disciples le jour de la Pentecôte.

 

Que conclure ?

Parler d’austérité, ou même simplement de sobriété à propos de l’architecture des temples protestants paraît excessif car dès que c’était possible, les protestants ont fait usage d’éléments modernes de décor, ils ont utilisé un style architectural à la mode et fait appel aux plus grands architectes, ils ont employé des matériaux de qualité  . Il faut avant tout se  rendre compte de leur spécificité. La modestie des constructions s’explique aussi par le peu de moyens et la rapidité avec laquelle il fallait les édifier.

 

Le poisson, un symbole majeur du christianisme primitif

Après sa Résurrection, Jésus, sur les bords du lac de Tibériade, prépare un repas pour les disciples. Sur un feu de braise, il leur apprête du poisson. Déjà lors des multiplications des pains, il avait fait distribuer du poisson aux foules affamées. Pour désigner ces poissons, l’évangile de Jean emploie le mot "Opsarion", tandis que pour les cent cinquante trois gros poissons de la pêche miraculeuse il a recours au terme ichtys. C’est ce dernier terme qui sera exploité par la tradition chrétienne. L’hébreu connaît également deux mots pour désigner le poisson : nun et dag. Très tôt le poisson deviendra un symbole majeur du christianisme primitif. Dans la basilique byzantine de Bethléem, une mosaïque de la période constantinienne porte l’inscription grecque Ichtys (poisson). De nombreuses lampes à huile byzantines sont décorées avec le symbole du poisson.

 

En grec, la langue des évangiles, le mot poisson s'écrit « ichthus ». Chacune des cinq lettres grecques est le début d'un titre christologique que l'on traduit : Jésus, Christ, Fils de Dieu, Sauveur. L'interdépendance entre l'idéogramme - ICHTHUS - et la représentation graphique du poisson s'est imposée rapidement chez les premiers chrétiens. Mais dès le début du IIIe siècle, l'origine du symbole était déjà probablement oubliée. Il devient donc plus pertinent de parler de la signification du symbole en proposant deux hypothèses parmi les plus intéressantes.

 

Ce site a été créé et initié par Roland Browet

décédé le 18 avril 2015